Vous l'avez sans doute noté, la communication est de moins en moins sûre d'elle même. Elle abandonne les affirmations flamboyantes, l'expression devient mesurée, raisonnable, policée, gentillement sympathique. Finis les nouveautés révolutionnaires, les miracles qui changent instantanément la vie. Même la distribution, la grande, se civilise. Les prix les plus bas semblent de moins en moins bas, on n'ose plus écraser les prix, dans un barrissement effrayant de mamouths en colère que rien ne pouvait arrêter. Ce ne doit plus être politiquement correct.
Mais heureusement, il existe encore un territoire, une réserve, où l'on trouve des promesses dignes de ce nom, c'est dans le métro parisien. Pas les belles et grandes affiches qui tapissent les quais des stations et qui sont de plus en plus souvent semblables à ce qu'on voit dans les rues. Enfin pas systématiquement. L'autre jour je suis tombé en arrêt devant une affiche assez bizarre pour Leroy Merlin incompréhensible et illisible cela devait être un test ou un jeu concours pour initiés, car je ne l'ai plus jamais retrouvée ailleurs.
Si ce n'est pas sur les quais vous avez deviné, fort justement, que c'est à l'intérieur du métro que cela se passe, plus précisément il s'agit de ces emplacement qui occupent le fond des wagons et que l'on peut déchiffrer entre les têtes agglutinées des voyageurs, un jeu plaisant pour passer le temps. C'est là que j'ai découvert deux campagnes -il y en a sûrement d'autres- franches, directes qui apportent, enfin, des réponses toniques sans ambigüitées, c'est tellement appréciable dans un monde sans repères -voir le discours politique-.
"Do you speak english ?", c'est une bonne question clairement formulée, qui interesse le plus grand nombre, en ces temps de mondialisation. Elle ne reste pas sans réponse cette interrogation : "97% de réussite, résultats garantis par contrat contre remboursement" indique l'affiche c'est signé Wall Street Institute plus coordonnées. D'ailleurs marquant son enthousiasme un jeune s'exclame -c'est sa réponse spontanée- "Yes, I speak Wall Street English". Ce message par son engagement chiffré et proposition de remboursementà l'appui, constitue un événement majeur. On nous serine depuis des siécles que les Français sont nuls dans l'apprentissage des langues étrangères. Il ne devait s'agir que d'un cliché irresponsable puisque avec le Wall Street Institute, tout le monde y arrive (97 % garantis)... On peut avoir un doute. Il ne s'agit peut être pas d'apprendre l'anglais classique, mais un langage particulier plus facile le "Wall Street English" parlé quelque part c'est peut être cela la vraie réponse.
Toujours au même endroit on trouve également, les publicités pour Acadomia, les courts particuliers aux élèves ou le soutien scolaire comme l'on dit aujourd'hui... Dans ce cas aussi c'est direct, concret, justifié. "Acadomia et les résultats sont là" annonce la ligne de base et ce ne sont pas de vains mots, les résultats : "92% de réussite, 5 points gagnés en moyenne*". Avec des chiffres pareils on peut se demander légitimement comment les mauvais élèves peuvent encore survivre (peut-être les 8% refractaires des indécrottables). Heureusement qu'avant Acadomia n'existait pas, car j'aurai dû passer ma vie, soirées, mercredis et week-ends chez eux. Une fois de plus, comme pour les langues étrangères, on sous estime nos performances. Devenir un bon élève est à la portée de -presque- tout le monde. Bien sûr il y a l'astérix qui renvoie à un texte en-bas écrit en tous petits caractères "pour les élèves ayant suivi 36h de cours payants" seuls les mauvais esprits trouveront à redire je trouve que celà renforce agréablment le propos.
En définitive, on peut être content qu'il y ait encore des annonceurs qui s'engagent, avec eux c'est clair, ce ne sont pas des sourires, des insinuations, mais de bonnes nouvelles... on sait où l'on va. Dans un siècle où la foi se perd c'est réconfortant, il faut prendre le métro plus souvent.
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